Phosphate : le Maroc et l’Inde prévoient la signature d’un accord d’approvisionnement à long terme

Dans un contexte mondial préoccupé, de plus en plus, par la sécurité des engrais pour éviter le déclenchement d’une crise alimentaire, l’Inde annonce la signature de futurs accords avec le Maroc afin d’assurer un approvisionnement à long terme en phosphate naturel représentant la matière première clé pour la fabrication de phosphate Di-ammonique (DAP) et d’azote-phosphore-potassium (NPK).

Selon le quotidien d’affaires indien Mint, le ministre chargé des produits chimiques et des engrais, Mansukh Mandaviya, prévoit se rendre au Maroc pour conclure des accords portant sur l’approvisionnement des engrais. Le journal a ainsi souligné que cette visite pourrait notamment offrir une opportunité aux entreprises indiennes d’y installer des usines pour la production de DAP et de NPK destinés à l’importation.

«Le Maroc possède d’énormes réserves de phosphore, qui est un élément important pour la production d’engrais. Par conséquent, je prévois de me rendre au Maroc les 13 et 14 janvier pour signer un protocole d’accord avec eux», a déclaré Mandaviya. Il a précisé qu’un accord avec l’Égypte était également en préparation.

Dans le cadre de la coentreprise, des acteurs privés et publics s’occuperont de l’extraction, de la production et de l’acheminement des engrais en Inde», a-t-il ajouté, notant que «la sécurité des engrais à l’heure actuelle est l’un des plus gros problèmes».

Alors que les dépenses de subvention des engrais s’élèvent à 2,15 billions de roupies au cours de 2022, l’Inde a adopté une stratégie pour sécuriser les approvisionnements en provenance du Sénégal, d’Israël, d’Oman, du Canada, de l’Arabie saoudite et de la Jordanie, a souligné la même source, en rappelant que les approvisionnements en DAP en provenance de Chine se sont arrêtés en plein milieu du conflit russo-ukrainien, entraînant une flambée des prix des nutriments du sol et des matières premières, étant donné que la Russie est un important producteur de potasse.

Les données du département indien des produits chimiques et des engrais ont montré que les besoins totaux en engrais de l’Inde sont d’environ 43,5 millions de tonnes. A noter que l’Inde est totalement dépendante des importations de muriate de potasse et qui ont fluctué entre 2,4 millions de tonnes et 4,7 millions de tonnes ces dernières années. Dans le cas du phosphate d’ammonium, environ 60 % des besoins sont importés.

À cette fin, l’Inde cherche maintenant à établir des liens commerciaux et d’investissement avec les pays riches en minerais par le biais d’accords d’importation et d’investissement pluriannuels qui diversifieront les sources d’approvisionnement et protégeront les agriculteurs des pénuries, d’où son intérêt pour les richesses du Royaume.

En effet, le groupe marocain OCP est l’un des plus grands producteurs de phosphates au monde après la Chine et détient environ 70% des réserves mondiales du minerai crucial pour la sécurité alimentaire. Rien qu’en 2022, le géant public a exporté plus de 500.000 tonnes de phosphates vers des pays africains, dont une part considérée en tant que don et d’autres à des prix préférentiels.

Le Maroc, par ailleurs, représente 31% du marché mondial du phosphate grâce au groupe, devenu le bras économique du Royaume, qui a pu multiplier, au cours des dernières années, sa capacité de production de 3,4 millions de tonnes à 12 millions tout en visant les 15Mt d’ici la fin de 2023. En outre, les exportations marocaines de phosphate et de ses dérivés ont augmenté de 54,8% à fin novembre 2022 pour atteindre une valeur de 108,044 MDH contre 69,780 MDH à fin novembre 2021.

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