Chronique de Bouba: « Luttons contre une justice à géométrie variable et évitons les conflits inutiles… »

« Selon que vous serez puissant ou misérable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir », Jean de LA FONTAINE
Nous ne sommes qu’au début d’un long feuilleton qui vient de démarrer et le lancement continue de défrayer la chronique, et de passionner l’intérêt des foules. Ce futur procès (à venir parce qu’inévitable) pourrait pourtant être une banale affaire de justice, à mourir d’ennui et qui ne méritât certes point ces quelques lignes de votre dévoué serviteur qui viennent s’ajouter au torrent de bavardages. Pourquoi donc autant de bruit et de casse autour d’une plainte, qui n’eut pas entaché la dignité et l’honneur du sieur SONKO s’il avait déferré à la convocation. Pour rappel, une convocation sert à tout justiciable de pouvoir et de devoir s’exprimer en donnant sa version des faits sans oublier l’assistance par un avocat à toutes les étapes de la procédure.

Pourquoi vouloir faire donc de ce feuilleton une affaire d’état ? Est-ce que cet homme fait autant trembler la république pour qu’il faille impérativement l’abattre ? Est-ce que cet homme doit se soustraire à l’application du droit parce qu’il détient un fort potentiel électoral ? Commençons tout d’abord par considérer cette affaire comme une affaire civile auquel cas une information judiciaire serait ouverte et l’instruction prendra le temps que ça prendra. Les allégations de la supposée victime seront confrontées aux faits comme ça se fait toujours avec ces citoyens ordinaires qui n’ont hélas pas droit à un soutien massif venant de part et d’autre. Tous les deux risquent la prison. Dans l’hypothèse où le leader du PASTEF est déclaré innocent, il pourrait se retourner contre la demoiselle et la poursuivre pour diffamation. Cela étant, à ce stade, rien n’est encore dessiné pour que les hostilités soient déclenchées. Cependant, certains discours à caractère communautaire doivent cesser. Macky SALL n’a pas déclaré la guerre contre les originaires de la Casamance, et ce discours haineux n’en est qu’à ses débuts, la fin demeure méconnue et l’histoire a montré que les conflits intracommunautaires ne font que plonger un pays dans une récession qui ne dit pas son nom et je ne parle pas des pertes humaines énormes. Nos voisins ivoiriens et rwandais en sont des exemples. Le sieur SONKO a le droit de ne pas répondre à une convocation parce que le parlementaire qu’il est lui confère une immunité qui peut être levée en 2 minutes en suivant la procédure prévue à cet effet. Cette affaire doit être suivie et traitée avec raison et sérénité pour aussi montrer le bon exemple. Toute personne capable a le droit d’ester en justice et toute justice a le devoir d’ouvrir une information judiciaire à la suite d’une plainte. Jusque là, rien de grave.

Décrit comme étant un homme intransigeant, un lanceur d’alertes à l’affût des dérives en particulier financières du régime sénégalais, les répercussions de cette affaire, qui pourraient lui coûter cher, seraient également susceptibles de reconfigurer le paysage de l’opposition du pays.

     1. Et si tout ce scénario n’était qu’une « machination » comme le dit l’intéressé ?                                     Il ne sera pas hélas le 1er à décrier l’instrumentalisation de la justice et ferait partie des nombreuses victimes se retrouvant dans le collimateur de la dame justice. Ce qui serait une honte pour ce qui reste de notre république. Vous connaissez certes la chanson mais on va vous rappeler les paroles. Pourquoi ces scénarios ne peuvent pas disparaître de notre système politique ? pourquoi vouloir à tout prix supprimer un opposant allergique à la transhumance et tenace dans ses positions ? pourquoi toujours créer des histoires de mœurs pour liquider un adversaire ? pourquoi tous ces maux ? Révolue est cette période où il faut à tout prix liquider toute personne se présentant comme étant potentiellement un successeur. Dans ce cas, l’affaire devient politique et oui il a raison, il faut mobiliser les troupes et se battre davantage. Étant donné l’asymétrie de la guerre, le camp PASTEF ne peut se contenter que des éléments qui pourraient le disculper sans aucun doute si toutefois le procès se tient. Une tentative probablement de vouloir reconfigurer le schéma politique qui, en son état actuel, met à l’aise le leader du PASTEF qui pourrait aller au second tour si des élections présidentielles venaient à être organisées sans l’actuel locataire du palais présidentiel. Dans ce cas de figure, Idrissa Seck qui pourrait être le candidat soutenu par Macky SALL doit se frayer un chemin malgré une énième trahison qu’on pourrait mettre à son compteur face à SONKO avec qui les précédentes élections présidentielles ont rapproché. Un rapprochement de circonstances certes, le jeu de la politique l’impose car les intérêts priment sur les personnes. Khalifa SALL a connu ces épisodes et même si jusqu’à présent d’aucuns ne croient toujours pas en sa culpabilité, sa seule erreur a été exploitée par la justice. SONKO sera puni moralement pour avoir fréquenté un salon de massage malgré le caractère thérapeutique de sa fréquentation des lieux et c’est ce qui risque de lui porter préjudice.

2. Et si les faits qui lui sont reprochés sont avérés ?
La case prison serait non seulement inévitable mais serait le meilleur du pire. Pour un homme politique qui a de l’avenir, perdre ses droits restent la plus grande crainte. Que cette épée de la justice vienne s’abattre sur lui signe son arrêt de mort. Rien à voir avec les détournements de deniers publics et qu’une simple et honteuse transhumance peut changer la donne. Un acte de viol restera l’image que les concitoyens auront à vie d’une personne et celle-ci n’aura qu’une vie réduite à des activités privées sinon clandestines. DSK en est la preuve, si ce n’est que le fait de vouloir à tout prix être au-devant de la scène comme Yérim. En tout cas, il serait dans de sales draps.

3. Que vient faire la communauté « du sud » dans ce feuilleton ?
A-t-on accusé de quelque chose, nos confrères du sud ou sommes-nous juste en train de lui fournir un appui logistique pour un réconfort ? En tout état de cause, cette thèse est à écarter parce que dangereuse pour une nation qui se veut unie et indivisible. Luttons contre une justice à géométrie variable et évitons les conflits inutiles dont le seul peuple sénégalais serait victime de sa propre turpitude. Faisons la part des choses !!!!

« Si la justice cesse d’être un refuge pour les hommes innocents et si la démocratie cesse d’être la légitime défense des libertés et des droits du citoyen alors adieu l’espoir des peuples », Sr Moustapha SY

B NDIOUR SOUFY

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