HOPITAL ARISTIDE LE DANTEC : LES MANŒUVRES DE LA HONTE (A. Camara)

LE COMPTE A REBOURS A DEMARRE, TOP CHRONO POUR LE 15 AOUT 2022 ! « Je suis triste pour ce peuple qui ne mérite pas ces multiples supplices »
DEGUERPISSEMENT TOTAL D’UN HOPITAL DANTEC RECEVANT 10 000 USAGERS PAR
JOUR, 24 SERVICES ET 800 LITS D’HOSPITALISATION EN MOINS DE 15 JOURS, UN
RECORD MONDIAL AU SENEGAL ! C’EST LE SORT RESERVE A L’HOPITAL A. LE
DANTEC DE SURCROIT UN CHU.
Est-ce vraiment la phrase qu’il faut ? Non parce que nous sommes tout simplement le peuple et
c’est à ce titre que cette phrase nous intéresse tous, mais pas l’auteur de cette citation. Il ne faut
pas penser que le malheur, c’est pour les autres alors que nous SOMMES tous ensemble UN ET
UNIQUE « ci biir gal gui » c’est-à-dire nous sommes dans le même bateau, s’il y a des
« multiples supplices » nous subissons les mêmes supplices d’une manière ou d’une autre.
C’est pourquoi le sort réservé, aujourd’hui, à l’hôpital A.Le Dantec (HALD) devrait interpeller tous
les Dakarois et conséquemment tous les Sénégalais. Et de saluer – en passant- la naissance à
temps opportun du Collectif pour la Reconstruction de l’HALD » initié par le journaliste et
chroniqueur Charles Faye. Nous encourageons tous les sénégalais à porter ce combat.
Il s’agit, en fait, de déguerpir tous les occupants de l’HALD : malades, personnels soignants et
administratifs, et au plus tard le 15 août. C’est le « sauve qui peut » général qui est imposé sauf
pour les malades qui ont besoin d’assistance. Ahurissante est cette situation et des rumeurs
persistantes laissent entendre qu’il faut impérativement et pour raison d’Etat que les lieux soient
évacués et libérés pour certains ce lundi et pour les autres dans une semaine pour plier bagage.
Les syndicalistes, les travailleurs de l’HALD en sont encore stupéfaits et même médusés ou
sidérés. Incroyable mais vrai…
Dans leur plan, les personnels soignants seront répartis d’autres dans des centres de santé,
d’autres dans des hôpitaux et même peut-être d’autres dans des cliniques privées (que payera
peut-être le malade riche). Quel gain en tireront les privés comme cette nouvelle maladie qui a
enrichi une partie du monde des chercheurs, des laboratoires, et autres du milieu médical bref….
Où va-t-on ? Depuis la création des hôpitaux et dans l’histoire de la médecine, ce qui va se
passer ou qui est déjà en route comme un rouleau compresseur est inouïe : la décision
d’évacuer l’hôpital Dantec qui est en marche et au plus tard ce 15 Aout tout le monde doit partir
ou se verra de force quitter les lieux. D’éminents professeurs et chantres de la médecine seront
expulsés comme des malpropres sous l’autel de la raison d’état. Raison d’état, vous avez dit…
Quelle date historique ! ce sera à l’image du 26 septembre 2002 où le bateau « Le Joola » a
chaviré car elle sera aussi dramatique dans notre histoire sanitaire et le 15 Aout 2022 marquera
la mort définitive d’un hôpital aussi entré dans le système sanitaire en Afrique, ce lieu
emblématique où il y a eu la séparation, pour la première fois ici au Sénégal, de bébés siamois
par le professeur Ndoye mais également sur le plan mondial, la découverte du VIH 2 par le
professeur Souleymane Mboup. Ces exemples d’exploit ne sont pas exhaustifs tant ils sont
nombreux dans cette structure qui a eu à former de nombreux Africains subsahariens et du Nord.
Pourquoi cette précipitation pour évacuer l’hopital totalement alors qu’il y avait mieux à faire en
amoindrissant les dégâts collatéraux ? Qu’est-ce qui motive cet affolement subit jusqu’à en
perdre la raison ? Des questions et des questionnements surgissent de toute part et méritent
réflexion. Va savoir est ce pour un agenda électoral ou un engagement au profit du futur acheteur
de la moitié du terrain qui exige l’évacuation du terrain promis à l’achat, sinon il ne va pas
s’engager. Est-ce que cette moitié n’est pas déjà vendue et que l’acquéreur exige immédiatement
la possession ? Est-ce cette vente de la moitié du terrain est validée par le Conseil d’Administration de l’hôpital et même de l’Assemblée Nationale ? Dans cette affaire c’est comme si un groupement de personnes au minima a décidé de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Tout semble fait dans la nébulosité absolue et le Sénégalais exige la lumière.
Qu’elle audace ont-ils fait preuve ? le Gouverneur William Ponty (qui se remuerait aujourd’hui
dans sa tombe) ne s’attendait pas qu’en 2022, malgré le titre foncier qu’il avait attribué à l’hôpital
Dantec de 9 hectares dont 1,5 hectare prêtés à l’institut Pasteur et 1,5 hectare prêtés à la Sones,
que ce site fasse l’objet de vente alors que tout était réuni pour une reconstruction qui aurait été
faite avec un chronogramme bien défini et un système de phasage qui n’aurait pas foncièrement
gêné la marche de la structure. La preuve est là!
L’hôpital Dantec se verrait ainsi passer de 6 hectares à 3 hectares alors qu’il a besoin que de 4
hectares pour réaliser son projet validé par la Commission Médicale de Validation et la
commission nationale.
Où allons-nous !
Nous n’osons pas et refusons de penser que la réponse à nos questionnements soit au profit du
futur acquéreur et au détriment des malades, du personnel administratif et certains personnels
médicaux qui ont compris et même ceux qui n’ont pas compris car leur honnêteté se situe dans la
naïveté de gens obnubilés par le fait de croire que ce futur hôpital s’il se réalise leurs appartient.
C’est dommage. Retenir deux choses : soit il n’y aura pas de construction ou s’il y aura, ce serait
évidemment un hôpital régional (l’extrait de l’interview de l’un des professeurs qui disait dans un
Publi reportage sur la RTS « que cet hopital serait de niveau 3 effectivement et c’est exactement
vrai au vu de ce qui a été présenté par le futur constructeur retenu. C’est ce qui se décrit des
plans en référence dans le lexique la construction des structures hospitalières.
Bref pour revenir sur le sujet on ne peut pas mettre en concurrence une polyclinique de niveau 4
en construction à 400 m de distance et cet hôpital Dantec dont la fréquentation est soi-disant
pour « les démunies » ou l’hôpital des indigents comme disaient le Toubab à l’époque en 1906
date de sa création.
Ce qui est bizarroïde, c’est que d’aucuns pensent que cet acquéreur s’il existe a pu amener l’Etat
à céder ou que l’Etat est sur le point de céder.
« Oui si les carottes sont cuites comme dirait l’une des autorités aux syndicalistes de l’hôpital » ,
il y a matière à réflexion et pourtant…Ces mêmes syndicalistes, des professeurs, des médecins
et autres employés de l’hôpital sont angoissés et crient leur désarroi sous tous les toits en
pensant aux conséquences fâcheuses engendrées par le nouveau projet dit validé par l’état
après un autre tout aussi validé et conçu par des Sénégalais, bon teint qui ont fini de faire leur
preuve ici et partout ailleurs.
Alors pourquoi ne pas procéder par une méthode de phasage, ouvrir un tiroir et le refermer une
fois qu’on finit de s’en servir. Cette méthode est connue et rependue dans les opérations de
reconstruction d’hôpital surtout vieux, centenaire et de réputation mondiale en qualité de soins,
de formation et de recherches. L’opération tiroir est défini ainsi
(Dans le jargon des urbanistes, cela s’appelle une opération tiroir. Elle consiste à reloger temporairement des locataires dans des
appartements-relais durant des travaux de réhabilitation lourds avant qu’ils ne réintègrent des appartements remis à neuf).
« La réussite d’un projet est liée à la mise en œuvre d’une méthodologie de gestion de projet et à une participation coordonnée des acteurs. Le projet médical, le cadrage des capacités et la définition des organisations doivent être finalisés au plus tard pour l’avant-projet sommaire. Les médecins, architectes, ingénieurs, directeurs et personnels hospitaliers doivent travailler ensemble pour construire un hôpital moderne et adapté aux besoins. » Extrait du rapport sur Nouvelles Organisations et Architectures Hospitalières. HAS, France.

Toutes nos pensées aux malades. Que Dieu vous garde !

A. Camara

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